Pourquoi les bonus des bookmakers sont des pièges à parieurs

Ça y est, vous avez décidé de vous inscrire sur un bookmaker.

Vous avez pris le temps de les comparer un à un, et vous avez jeté votre dévolu sur l’un d’eux.

Peut-être même que vous avez choisi celui-ci parce qu’il vous propose un « bonus » à l’inscription.

Mieux : peut-être que c’est ce bonus de dépôt qui a fini de vous convaincre.

Les bookmakers sont forts, pas vrai ?

Les « books », comme on les appelle, vous font miroiter des bonus tellement alléchants !

Leurs arguments sont très persuasifs et leur discours est bien rôdé. Voyez plutôt :

« Recevez jusqu’à 100€ de paris gratuits sur votre 1er pari sportif ! » (Unibet)

« Jusqu’à 100€ offerts sur le 1er pari ! » (Betclic)

« Votre premier pari sportif remboursé jusqu’à 100€ ! » (Winamax)

Et vous savez quoi ?

Ça marche ! Les gens s’inscrivent. Après tout, avec ce bonus, ça vaut le coup.

L’argument du bonus est en fait ce qui va lever les objections rationnelles des personnes les plus prudentes ou des plus méfiants.

Il y a un bonus. Si je perds, on me rembourse. Alors il n’y a aucun risque, n’est-ce pas ?

On parvient même à faire croire aux nouveaux joueurs que ce bonus, c’est du 100% gagnant pour eux…

Décryptage des bonus des books

J’ai regardé à la loupe les bonus des 3 principaux bookmakers du marché français, à savoir Unibet, Betclic et Winamax.

Ces 3 books détiennent la majeure partie du marché.

A première vue, les bonus proposés se ressemblent étrangement.

Regardez les promesses ci-dessus.

On vous dit : « Pariez, essayez. On vous offre de l’argent ! ».

Oui, c’est ce qui est écrit. Mais dans les faits, ce n’est pas vrai.

Ainsi les bonus d’Unibet ou de Betclic ne vous offrent pas d’argent, même s’ils le promettent.

J’ai lu pour vous les conditions d’utilisation, et je les ai décryptées.

Vous allez voir.

Certains books nous prennent vraiment pour des chèvres.

Unibet et Betclic : des « paris gratuits » apparemment juteux

Commençons notre enquête avec ces deux mastodontes du pari sportif.

Je copie/colle ce que je vois aujourd’hui, 18 novembre 2019, sur la page bonus d’Unibet :

Unibet vous rembourse en Paris Gratuits* votre 1er pari jusqu’à 100€ s’il est perdant !

Le crédit en Paris Gratuits s’effectue en 2 étapes :
– 50% du montant de votre 1er pari (jusqu’à 50€) versé sous 24h après le résultat de votre pari
– Puis les 50% restants (jusqu’à 50€) sous 24h après validation définitive de votre compte (saisie du code d’activation)

Voici ce que je trouve sur Betclic :

Comment recevoir votre premier bonus ?

Connectez-vous sur votre compte Betclic et effectuez votre premier dépôt.

Pariez jusqu’à 100€ sur l’événement sportif de votre choix

Peu importe si vous perdez ou vous gagnez, nous vous remboursons directement votre mise en freebets !

Jusque-là, pas le malaise. Tout a l’air conforme.

On vous rassure même en vous disant que ce bonus ne sera débloqué qu’une fois que vous aurez confirmé votre compte à l’aide de votre carte d’identité et d’un RIB bancaire.

On se dit que les books ne sont pas nés de la dernière pluie.

Normal, pas vrai ? Ils donnent de l’argent ! Heureusement qu’ils vérifient l’identité des parieurs.

Mais l’appellation de « paris gratuits » chez Unibet ou de « freebets » chez Betclic devrait vous mettre la puce à l’oreille.

Voici les petites lignes qu’il faut prendre soin de lire (et que personne ne lit).

Chez Unibet :

En jouant en Pari Gratuit, seul le gain NET est crédité sur votre compte 

On trouve cette ligne tout en bas de la page bonus. Comme c’est amusant ! Cette ligne est écrite en tout petit.

Voilà une fameuse « petite ligne », appelée par un astérisque pas franchement très visible.

Continuons l’enquête…

Chez Betclic :

Attention : Les freebets sont non-retirables. Seuls les gains nets issus de paris gagnants placés en freebets seront convertis en argent réel et seront retirables.

Vous trouvez cette explication dans les insipides « Conditions de l’offre » qui se trouvent tout en bas de la page bonus. Bien sûr, ces conditions ne sont pas visibles : il faut cliquer sur un bouton pour les voir. Et bien sûr, c’est écrit en tout petit.

J’ajouterai que le texte est tellement serré et si peu agréable à la vue qu’il n’y doit pas y avoir plus de 5% des joueurs qui lisent ce texte en entier. Et encore, je suis généreux.

Inutile de vous dire que sur le screen ci-dessus (issu de Betclic) c’est moi qui ai tracé le contour rouge.

Histoire de bien mettre en évidence la teneur de ce « bonus »…

« Pari gratuit » ou foutage de gueule ?

Dans les deux cas, le bonus est le même.

En clair : vous ne récupérerez pas la somme jouée.

Si vous déposez pour la première fois 100€ sur Unibet et Betclic, ces deux bookmakers vous proposent que votre premier pari, s’il est perdant, soit remboursé.

Mais pas remboursé en argent !

On vous rembourse en PARI GRATUIT.

Et ce n’est pas DU TOUT la même chose.

En clair : vous allez miser. Si vous perdez, on ne vous rendra pas votre argent.

On va vous donner un pari gratuit du montant de votre argent perdu.

Mais ce pari gratuit, ce n’est pas de l’argent.

Car « En jouant en Pari Gratuit, seul le gain NET est crédité sur votre compte ». C’est comme ça chez Unibet comme chez Betclic.

Admettons que vous jouez avec ce « pari gratuit » que l’on vous accorde si généreusement…

Parce que vous vous êtes inscrit chez l’un de ses bookmakers. Vous avez parié l’intégralité de votre dépôt, à savoir 50€, sur une cote à 2.

Vous vouliez atteindre les 100€, on peut vous comprendre !

Bon. Vous avez perdu.

Pas grave, vous êtes vous dit. On m’a promis qu’on m’offrirait l’argent placé sur mon premier pari !

Et vous voilà avec votre pari gratuit de 50€. Qui ne vaut pas 50€.

Parce que si vous pariez à nouveau l’intégralité de ces 50€ sur une cote à 2, ce n’est pas 100€ que vous pouvez gagner, mais seul le GAIN NET.

Or, le gain net d’un pari de 50€ sur une cote à 2, ce n’est pas 100€.

C’est SEULEMENT 50€.

On vous a proposé de miser de l’argent.

On a dit qu’on vous rembourserait en pari gratuit.

Vous pensiez argent réel, et vous voilà remboursé avec de l’argent en chocolat.

Voilà la preuve qu’Unibet et Betclic, avec leur bonus, prennent les parieurs pour des chèvres.

Grâce à ce « bonus », votre argent a déjà perdu… la moitié de sa valeur.

En un pari, vous avez perdu 50% de votre bankroll.

En un pari, le bookmaker est parvenu à transformer votre argent réel en argent en chocolat…

Vous allez me dire : mais je peux aussi gagner sur le premier pari !

C’est tout ce que je vous souhaite. Sinon, votre argent aura tout simplement perdu 50% de sa valeur.

Un « bonus », vous disiez ?

Tous les bookmakers ne proposent pas les mêmes bonus

Vous avez sans doute remarqué que je viens de dire qu’Unibet et Betclic prenaient les parieurs pour des chèvres.

Attention, ce qu’ils font n’est pas illégal. C’est même 100% légal.

Les books pourraient affirmer, tout simplement, que les joueurs doivent lire les conditions d’utilisation, les règlements, les mentions légales, etc.

Ils ont raison. Mais dans les faits, qui lit l’intégralité du règlement ?

Allez, viens, elle est bonne ! Sauf qu’il manque 50% d’eau…

Je trouve que leurs « bonus » manquent simplement de clarté et d’honnêteté intellectuelle. Les books jouent sur les mots.

Le parieur débutant est vite perdu. Astérisques, mentions légales non visibles immédiatement, discours qui manque de clarté…

Un parieur débutant voit-il la différence entre 50€ remboursés et 50€ remboursés en « freebets » ?

En fait, même un parieur confirmé pourrait s’y perdre…

Cela vous donne envie d’aller vérifier sur les autres bookmakers la teneur de leur bonus ?

Ne bougez pas : je l’ai fait pour vous.

ZeBet propose le même type de « bonus » en « paris gratuits ».

Bwin, France-Bet, NetBet : idem.

Il est bien évoqué un remboursement « réel » sur une page bonus de NetBet mais l’offre actuelle fait bien office de « freebets »…

En plus d’avoir un discours peu clair pour le joueur, on dit tout et son contraire sur un même site. Bravo le veau.

PMU.fr propose cependant un remboursement de 100% en argent réel mais…

« Pour pouvoir retirer les sommes recréditées sur son compte PMU.fr, le joueur doit rejouer l’intégralité de ces sommes. Ensuite, seuls les gains sont retirables. Par exemple : PMU.FR vous recrédite de 100€. Vous utilisez cette somme pour miser 10€ et vous gagnez 15€, vous pourrez alors retirer 15€ (le solde total de votre compte avant retrait est de 105€ et les gains retirables sont de 15€). »

On vous recrédite de l’argent mais… ce n’est pas vraiment le vôtre.

La preuve ? Vous ne pouvez pas y toucher !

Vous avez intérêt à jouer de sacrées sommes, et sur une large période, pour pouvoir toucher pour de vrai ce « bonus ».

Et aussi : vous avez intérêt à gagner, car seuls les gains issus de vos bonus seront retirables. On marche sur la tête !

Le bonus de PMU.fr, sur les paris sportifs, ressemble à une formule freebet, sans en avoir le nom…

Récapitulons :  Betclic, Unibet, Zebet, Bwin, France-bet, NetBet, PMU : voilà 7 bookmakers qui ont pignon sur rue.

Et autant de bonus qui n’en sont pas.

Je tiens cependant à dire que tous les bookmakers ne procèdent pas ainsi. Deux se démarquent clairement.

Winamax, un bonus clair et net

Winamax, par exemple, propose un réel remboursement.

C’est vraiment tout à leur honneur.

Winamax vous propose de parier, après votre premier dépôt, jusqu’à XX€ .

Si vous perdez, on vous rembourse. En vrai argent. Pas en poudre de perlimpinpin.

Les conditions de recrédit sont simples (et ce n’est pas écrit en tout petit…).

Votre premier pari est remboursé s’il est perdant, et ce jusqu’à 100€ misés. Point barre !

Je n’ai pas trouvé de mention contraire dans leurs Conditions Générales d’Utilisation.

Je tiens à souligner ce fait. Car c’est de plus en plus rare.

Mention Très Bien pour Parions Sport mais…

ParionsSport propose également un remboursement en argent réel, à hauteur de 100% de votre premier pari, jusqu’à 120€. Auparavant, c’était seulement 80%, ce qui était déjà honorable.

« Une fois inscrit, je fais un 1er pari de 120€ sur un match de Premier League.
Cela arrive même aux meilleurs mais pari perdu !
Je reçois donc sur mon compte 60€ en cash .
Je confirme mon compte dans les 30 jours suivant mon inscription et je reçois 60€ en cash.
J’ai ainsi récupéré 120€ en cash, sous trois jours.»

C’est un beau bonus, clair et sans chichis. C’est beaucoup mieux que les 100% en paris gratuits d’Unibet, Betclic, Zebet, NetBet…

Seul problème : en ce moment, Parions Sport parle d’une offre à durée limitée (jusqu’au 21 novembre). A voir si ces 100% de bonus cash sont toujours d’actualité une fois cette date passée, ou s’ils reviennent à 80%.

Dans tous les cas, en considérant que le bonus de Parions Sport n’est que de 80%, c’est tout simplement le 2nd meilleur, juste derrière Winamax.

Alors inscrivons-nous sur Winamax et Parions Sport, que diantre !

« Que diantre ».

Oui, j’ai réussi à placer « que diantre » dans un titre. Je peux mourir tranquille.

Blague à part : NON !

Ne vous ruez pas sur ces deux books sous prétexte que leurs bonus sont les meilleurs.

Même un bonus de qualité n’est pas un cadeau.

Winamax et Parions Sport ne font pas ça pour vos beaux yeux.

Winamax et Parions Sport restent des bookmakers.

Ce ne sont pas vos amis.

Ne vous dites pas qu’ils sont « plus généreux » que les autres. Même si ça a l’air d’être le cas.

Car s’ils vous donnent quelque chose, ce n’est pas pour votre bon plaisir…

Les bonus sont des pièges, même lorsqu’ils sont de qualité !

J’ai toujours tendance à me méfier lorsque l’on m’offre quelque chose spontanément.

Bien sûr, lorsque ce cadeau vient d’un proche ou à l’occasion de mon anniversaire… Je n’ai aucune crainte.

Lorsque l’on essaie de m’offrir un « iPhone XR – vous êtes notre grand gagnant ! » au détour d’un site web, je me méfie déjà un peu plus…

Dans le merveilleux monde des bookmakers et des paris sportifs, lorsque l’on vous offre quelque chose, une alerte rouge doit également s’allumer quelque part dans votre cerveau.

Le bookmaker ne vous offre pas un bonus, bon ou mauvais, parce qu’il vous apprécie.

Il n’a pas non plus envie de vous aider à gagner de l’argent.

Oh le joli bonus. Il sent bon. Mmh… ça se mange ?

Le book, au contraire, préférerait que vous perdiez votre argent…

Ce que le book apprécie chez vous, c’est bien votre argent.

En vous offrant un bonus, que fait le bookmaker ?

  • Il parvient à vous faire remplir un formulaire d’inscription + à déposer de l’argent chez lui. Déjà une belle performance
  • Il se montre sous son meilleur jour : « En plus, si vous pariez chez nous, on vous offre ces essuie-glaces ! C’est des Bosch ! » – toute ressemblance avec une publicité n’est pas du tout fortuite.

En vous donnant quelque chose (même si ce quelque chose peut s’avérer un cadeau empoisonné, pas vrai), le bookmaker vous met en confiance.

Les jeux d’argent sont un milieu où les gens perdent de l’argent.

Ce n’est pas un mystère : mieux vaut être du côté du bookmaker que du côté du parieur pour faire fortune.

Or, à peine arrivé sur ce bookmaker, voilà qu’on me fait des cadeaux !

Voilà qu’on m’offre la possibilité de perdre sans risque !

Quelle délicatesse…

Le bonus répond à une stratégie du bookmaker

On vous met donc en confiance progressivement.

Parfois, d’ailleurs, on débloque peu à peu les différents paliers du bonus. Par exemple en donnant non plus le bonus en une seule fois, mais en le divisant en 5 fois.

Recevoir 5 freebets de 20€ pendant 5 semaines peut avoir plus d’effet que de vous « donner » 100€ en freebet immédiatement.

Les bookmakers manient la pompe à confiance.

Ils ouvrent et ferment les vannes. Ils vous ont entre leurs mains.

Rare photographie d'un bonus de bookmaker

Rare photographie d’un bonus de bookmaker

Ils vous alimentent comme bon leur semble. Et votre confiance monte.

Voilà. Vous vous attendiez à vous faire plumer ? On vous aide. On vous couvre de cadeaux.

Vous êtes serein. Le site est joli. Ils tiennent leurs promesses.

Oh, il y a une application bien fichue, en plus. Tiens, Bidule fait de la pub pour eux. C’est du sérieux.

Vous êtes dans l’état où les bookmakers voulaient vous mettre.

Attendez la suite, vous allez voir que rien n’est laissé au hasard.

Maintenant que vous êtes à l’aise, vous êtes vulnérable

La première fois que je me suis inscrit sur un bookmaker – bwin, en 2009 –, je n’ai pas eu de bonus. Pour tout vous dire, les books n’insistaient pas autant sur les bonus à l’ouverture de compte.

Je n’étais pas éligible à un bonus, ou mon parcours d’inscription ne m’avait pas permis d’en avoir un.

Bon. Et alors ? Je n’en savais rien, en fait.

Et vous savez quoi ?

J’étais focalisé sur mon capital. Sur mon dépôt. Sur mes bets.

Du haut de mes 18 ans, j’avais une petite bankroll.

J’étais méfiant. Je me méfiais de tout !

Des joueurs. Des matchs. Des paris. Des combinaisons.

J’étais calme, patient. Je ne pariais pas à la va-vite.

Je n’avais pas subi de « mise en confiance » par un bonus ou par une offre promo.

C’était aussi la première fois que je jouais de l’argent en ligne.

Et cette méfiance exacerbée, cette prudence, ont sans doute été l’une des raisons du succès de cette année.

Ma première année à parier en ligne, alors que j’étais encore très jeune, alors que j’étais un parieur plutôt moyen, a été celle où j’ai atteint le retour sur investissement le plus haut.

Prudence et méfiance étaient mes mots d’ordre.

On vous fait croire que perdre de l’argent ne pose aucun problème

Aujourd’hui, je trouve qu’il est trop facile… de perdre.

La perte est banalisée.

Le risque n’est plus aussi perceptible.

On a gommé la notion de risque.

Ou plutôt on a voulu la cacher.

C’est même devenu un argument de vente pour les books.

« Perdez ! On vous rembourse ! »

« Regardez ! C’est sans risque ! »

Il y a une certaine malhonnêteté à dire que parier est sans risque.

Encore plus lorsque le bonus vous fait risquer jusqu’à 50% de votre capital.

Mais revenons un instant en arrière.

Revenons à cette année où je n’avais pas été « mis en confiance » par le bonus d’un bookmaker.

En 2009, les paris sportifs étaient un milieu relativement confidentiel.

Peu de spot de pub à la télé. Pas d’ARJEL (né en 2010). Pas d’application ultra bien pensée. Pas d’engouement réel.

Il y avait une certaine méfiance de l’opinion à l’égard des paris sportifs. 

Ce n’était pas un hobby comme un autre. Il n’y avait pas un million de français qui pariaient en ligne, loin de là.

Ma prudence de minot, sans doute due à la méfiance de l’opinion générale, a été la clef du succès, cette année-là.

On ne m’avait rien offert. Pas 1€ de bonus, pas une once de mise en confiance.

Pour moi, les books, c’était le mal. Parce qu’aux yeux des gens, les books, c’était le mal.

Leur discours ne m’atteignait donc pas. Je venais pour parier, pas pour me faire cajoler.

A vrai dire, leurs belles paroles me rendaient encore plus méfiant encore. Encore plus prudent.

Et puis, soyons honnêtes :

Faut-il vraiment un bonus de remboursement pour gagner ?

Faut-il qu’on me brosse dans le sens du poil pour que mes performances de parieur sportif soient au diapason ?

Non.

Il faut au contraire que je sois focus sur l’essentiel. Concentré. C’est-à-dire prudent, c’est-à-dire méfiant.

Souvenez-vous : les bonus sont un moyen de saper cette méfiance.

Les bonus vous préparent tout simplement à perdre de l’argent et à ne pas vous en inquiéter.

Le message subliminal, le voici :

« Perdre ? Ça arrive. Ça peut arriver. Ça va arriver. On va vous rembourser. »

« Perdre, ce n’est rien. Ce n’est pas grave. La preuve ? On vous rembourse. »

Lorsque votre capital est petit, lorsque vous n’avez pas de « bonus » comme filet (même si ce filet s’avère d’une qualité médiocre), alors perdre de l’argent n’est pas une option.

Alors vous allez analyser vraiment le match sur lequel vous allez jouer.

Vous n’allez pas jouer n’importe comment, sans même connaître le nom d’un seul joueur sur le terrain.

Lorsque vous n’avez pas de « bonus », vous n’avez pas le droit à l’erreur.

Ne pas avoir de bonus, ne pas avoir de filet, ne pas avoir de « pas grave » en tête…

… tout cela fait de vous un bon parieur. Un vrai parieur.

Vous allez être « focus » sur les éléments d’importance.

L’inverse est également vrai : avoir un bonus sous le coude risque de vous transformer en piètre parieur.

Une dernière question avant de passer à la suite : pensez-vous vraiment que les parieurs pros comptent sur les bonus pour gagner de l’argent aux paris sportifs ?

Toucher un bonus change votre façon de parier

Le bonus n’a qu’un effet mineur sur votre capital, car vous ne le touchez… que si vous perdez votre premier pari.

Pourtant, il va avoir un effet majeur sur votre premier pari.

Vous n’allez pas parier de façon « normale ».

Vous allez vous dire « Oh, c’est remboursé. C’est le moment de tenter un coup ».

Vous allez vous dire « Je vais viser une grosse cote. Au pire, mon argent reviendra. »

Vous allez donc tenter un ticket que je qualifierais d’« hallelujesque ». C’est un adjectif de ma création que je trouve tout à fait adapté.

Comprendre que vous allez miser sur un outsider avec une cote improbable. Ou encore tenter un combiné de l’enfer, multipliant les matchs en espérant faire sauter la banque.

Nous avons vu que les offres de « bonus remboursement » étaient un piège et ne vous permettaient de récupérer que 50% de votre pari initial, sauf exceptions (Winamax et Parions Sport). Sur 7 bookmakers sur les 9 étudiés, vous risquez de perdre 50% de votre capital.

Quand bien même vous placez ce ticket sur un bookmaker qui vous permettra de récupérer tout ou partie de votre argent réelvous vous mettez en péril.

La difficulté de revenir à des paris « normaux »

Vous vous êtes inscrit sur ce book. Qui vous propose un premier pari remboursé. En argent réel ou en freebet, peu importe.

Vous entrez dans le jeu du bookmaker. Vous misez vos 50€, soit l’intégralité de votre dépôt, sur une cote totale à 5. Un combiné de plusieurs sports, 4 matchs. Tous disputés sur le même soir.

Vous perdez. Mince. Sur le ticket, un seul match vous a fait défaut…

Vous récupérez vos 50€.

Quelle est votre réaction ?

Est-ce que vous commencez à parier « sérieusement » ?

Est-ce que vous pensez gestion de bankroll, pourcentage de mise, objectifs à moyen et à long terme ?

Non, bien sûr que non.

Vous étiez si prêt de gagner l’autre fois.

Le frisson a été si grand.

Et puis vous avez joué pour gagner 250€ !

L’état émotionnel du parieur qui “profite” du bonus pour “tenter un coup”

Comment pourriez-vous, maintenant, ne pariez qu’un pourcentage infime de votre bankroll pour gagner 1,5 ou 2€ de gain à chaque pari ?!

C’est inconcevable.

C’est impossible.

L’état émotionnel du parieur qui « tente un coup » pour son pari remboursé

Voilà, c’est foutu.

Le bookmaker, à travers son bonus de remboursement, vous a mis en condition.

Vous avez marché.

Que vous ayez gagné ou perdu ce pari importe peu.

Le bonus de premier pari remboursé, qu’il soit en argent réel ou en freebet, a un effet très négatif sur votre façon de parier.

C’est un cadeau empoisonné car il vous donne envie de flamber.

Le bonus vous donne envie de parier plus que vous n’auriez parié si vous n’aviez pas eu de bonus.

De parier autrement que vous n’auriez parié si vous n’aviez pas eu de bonus.

Vous aurez toutes les peines du monde à revenir à une gestion normale, à des paris normaux. Vous aurez du mal à retrouver vos esprits.

Le bonus vous a mis en position de vulnérabilité, car vous avez vu danser autour de vous les billets. Vous avez cru pouvoir gagner beaucoup d’argent facilement.

Vous avez fait un tour de montagnes russes, et voilà que la raison vous imposerait d’aller jouer à la pêche aux canards…

Comment pourriez-vous redevenir un parieur responsable après une telle montée d’adrénaline ?

Ma politique sur les bonus, quels qu’ils soient

Je suis inscris sur plusieurs bookmakers, et je ne suis donc plus sujet aux bonus à l’ouverture.

Je ne suis donc plus « tenté » par ces fausses bonnes idées qui :

  • Ne sont pas des offres de qualité la plupart du temps
  • Changent notre façon de parier et nous font devenir des parieurs flambeurs

Par contre, je peux être régulièrement « tenté » par les offres que les bookmakers proposent à leurs inscrits.

La stratégie d’un bookmaker est très simple : il désire que vous perdiez votre argent.

Il vous racontera les histoires de ceux qui ont gagné, jamais de tous ceux qui ont perdu.

En vous offrant un bonus de bienvenue, il réduit votre « espérance de vie de parieur » à quelques jours, voire à quelques semaines. Vous allez vite flamber, et vite tout perdre.

Si vous ne connaissez pas la banqueroute après ces quelques semaines, vous allez avoir le temps de voir fleurir d’autres offres.

On vous offrira :

  • Des « cotes boostées » sur tel match ou telle compétition
  • Des « combis » plus avantageux en fonction de l’actualité sportive
  • Des « freebets » de quelques euros (5 ou 10 généralement).

Une nouvelle fois, tous ces cadeaux sont empoisonnés.

Vous n’iriez jamais parier sur telle ou telle compétition… Sauf si le bookmaker vous fait remarquer qu’il y a une offre, cette semaine.

Vous n’augmenteriez pas vos mises sur tel ou tel sport… Sauf si le bookmaker vous annonce reverser en freebet 10% de vos paris sur cette compétition.

Vous ne tenteriez jamais cette cote… Sauf si le bookmaker vous proposait de gagner encore plus grâce à une « super cote boostée ».

Le bookmaker n’a qu’un objectif : vous faire passer de l’état de parieur raisonné à celui de parieur émotionnel.

Les bonus, les offres spéciales, les freebets, les concours, etc… sont faits pour ça.

Rendez-vous compte qu’il y a des bonus toute l’année.

Tout comme il y a des « promos flash » toute l’année sur internet…

Vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose qui cloche ?

Ne vous faites pas avoir !

Notre méfiance est à géométrie variable

Je sais que cet article est long, mais tenez le coup.

Pour vous aider à vous accrocher, je vais vous raconter une petite histoire.

Une histoire dont vous êtes le héros.

Vous allez au supermarché, liste en main. Vous êtes convaincu que vous allez être efficace. Que vous allez acheter ce dont vous avez besoin, et que vous allez rentrer chez vous.

Tout simplement.

Et paf. Grosse promo. Une tête de gondole se dresse sur votre chemin. -50% sur ce produit ! Que vous n’achetez jamais… Oui mais -50% quand même ! Cela vous fait réfléchir.

Lorsque vous rentrez à la maison et qu’on vous demande, alors que vous rangez les courses : « mais pourquoi t’as acheté cette daube ? », vous répondrez peut-être : « Il y avait une grosse promotion ! ».

Les bonus et les offres des books, c’est pareil.

Pourquoi irai-je jouer sur cette compétition de tennis féminin ? Cela ne m’intéresse pas. Je n’y connais rien. Il y a de fortes chances que je perde.

« Cette semaine, Betclic vous offre 10% en freebets sur cette compétition ! »

Voilà comment l’on passe de « parieur qui n’aurait jamais perdu 1€ sur cette compétition » à

« parieur qui a perdu de l’argent à cause de l’offre du bookmaker ».

Peut-être que vous résisterez la plupart du temps à ce genre d’attrape-nigauds. Je vous le souhaite !

Et puis peut-être qu’un jour, après quelques paris perdants, ou avec un moral un peu plus bas que la moyenne, peut-être que ce jour-là, vous vous laisserez avoir.

Vous serez un peu plus vulnérable, et les books vont en profiter.

C’est exactement la même chose lorsque l’on fait ses courses.

Saviez-vous qu’il est conseillé de ne pas faire ses courses si l’on a faim ou si l’on est triste ?

Oui, non ? Et savez-vous pourquoi ?

Parce que si votre moral est bas, ou si votre faim est grande, alors votre état est celui d’une personne vulnérable.

Votre méfiance habituelle est plus basse. Vous avez plus de difficultés à vous « détacher » des éléments extérieurs.

Et vous risquez d’acheter des conneries ou des cochonneries que vous n’auriez jamais acheté en temps normal…

Il faut absolument considérer les bookmakers pour ce qu’ils sont

C’est-à-dire votre adversaire. Tout simplement.

Les books ne sont pas votre « ennemi » – le mot me paraît un tantinet trop fort – mais ils feront tout pour vous prendre votre thune.

En déposant de l’argent sur tel ou tel bookmaker, vous acceptez ce contrat.

Vous acceptez de vous mettre en position de vulnérabilité.

Vous savez maintenant que les bookmakers :

  • Vous proposent des bonus qui sont surtout des bonus… pour eux, et pas pour vous
  • Ne vous proposent jamais une offre parce que celle-ci est « bonne pour vous »
  • Veulent juste vous plumer et que c’est le jeu, ma pauvre Lucette
  • Sont simplement votre adversaire, même si leur appli est trop cool
  • Et tout cela même si le Community Manager de ce book est sympa, même si leur site est bien pensé, même si leurs cotes sont élevées, etc

Au fond, tout cela, vous le saviez déjà.

Mais peut-être deviez-vous l’entendre une bonne fois pour toutes…

Mais alors qu’est-ce que j’en fais, du bonus ?

Personnellement, et peu importe où vous vous inscrivez, je vous conseille d’oublier ce piège à parieurs. Pour ma part, je ne joue pas les bonus. Tout simplement.

Je me contrefous du pari remboursé, du freebet, de l’offre machin, de la semaine spéciale, etc. Pour moi, et je pense l’avoir assez démontré, ce sont des foutaises.

Dans 90% des cas, le bonus ne va pas vous faire gagner de l’argent. Il va vous en faire perdre.

Dans 90% des cas, le bonus fait gagner de l’argent… aux bookmakers !

Le bonus, et plus globalement toutes les « promos » des books, sont des tentatives de déstabilisation.

Les offres des books tentent de vous éloigner des choses qui ont vraiment du sens, à savoir :

  • Votre bankroll et la gestion de celle-ci
  • Votre façon de parier
  • Votre prudence/méfiance face aux éléments extérieurs (sportifs et extrasportifs)

Si toutefois vous voulez profiter d’un bonus d’inscription, je peux le comprendre.

Allez-y, je ne peux pas vous en empêcher ! Vous êtes maître à bord, après tout. C’est votre argent.

Mais il faudra alors vous méfier d’un ultime élément, à savoir de vous-même.

Car « profiter » d’un bonus, c’est permettre au book de vous rendre plus vulnérable face aux paris sportifs.

A vous d’en être conscient, et à vous de jouer en toute connaissance de cause.


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C’est gratuit, c’est bon pour votre karma, et ça m’encourage à continuer !

Merci 🙂

Gabin 

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